Volver de Pedro Almodovar : Hommage à la mère
Volver, au-delà de sa superbe forme plastique, constitue un hommage à la Mère, à son rôle structurant et protecteur. Dépeinte sous diverses formes par Pedro Almodovar, jeune ou âgée, souvent seule face à ses responsabilités, elle constitue un filigrane, un fil conducteur omniprésent, un référent. Mère fantôme, mère « réincarnée », jeune mère, mère qui aurait pu l’être, ces personnages féminins convergent vers l’essence de la Mère absolue. La force de Pedro Almodovar est de constituer grâce à ses différents personnages un subtil puzzle dont chaque pièce est une représentation partielle de la Mère jusqu’à laisser au spectateur le soin de reconstituer l’ensemble du puzzle.
Il est compréhensible que les jurés du Festival de Cannes 2006 aient eu à cœur de récompenser l’ensemble des actrices du film, tant elles constituent un groupe, une entité, et que, toutes remarquables, elles contribuent à louer la Mère. Il a été fait reproche au jury du Festival de ne pas assumer une décision plus tranchée, en ne distinguant pas les actrices de façon différenciée, mais n’a-t-il pas été subjugué par cette vision kaléidoscopique de la Mère qui ne pouvait donc être défaite sans l’altérer ? Prendre cette décision relevait d’ailleurs bien plus à honorer le cinéaste, assembleur éclairé de cet ensemble de personnalités, qu’à honorer chacune des actrices. Le reproche provenait sûrement plus du fait qu’il serait grand temps que Pedro Almodovar soit honoré de la Palme d’Or, tout simplement, plutôt que par petites touches successives…
Il est compréhensible que les jurés du Festival de Cannes 2006 aient eu à cœur de récompenser l’ensemble des actrices du film, tant elles constituent un groupe, une entité, et que, toutes remarquables, elles contribuent à louer la Mère. Il a été fait reproche au jury du Festival de ne pas assumer une décision plus tranchée, en ne distinguant pas les actrices de façon différenciée, mais n’a-t-il pas été subjugué par cette vision kaléidoscopique de la Mère qui ne pouvait donc être défaite sans l’altérer ? Prendre cette décision relevait d’ailleurs bien plus à honorer le cinéaste, assembleur éclairé de cet ensemble de personnalités, qu’à honorer chacune des actrices. Le reproche provenait sûrement plus du fait qu’il serait grand temps que Pedro Almodovar soit honoré de la Palme d’Or, tout simplement, plutôt que par petites touches successives…
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